La géométrie Sacrée

Les Yantras et les Mandalas sont des outils pour travailler la concentration (dharana). Ils sont également utilisés comme support de méditation.

En Inde, les Mandalas (de forme circulaire) appartiennent à la tradition bouddhiste alors que les Yantras appartiennent à la tradition hindoue. Il existe également des Mandalas dans d’autres cultures ou civilisations que le bouddhisme et dans le monde entier. Il semblerait que l’un comme l’autre soient aussi vieux que l’humanité. En effet, on retrouve des dessins circulaires avec un point central autour duquel sont organisés des formes symétriques dans de nombreuses cultures sur la planète et à une époque où il n’y avait pas de contact possible entre les civilisations.

Mandala et Yantra

Chaque Yantra est associé à un mantra (son ou phrase en sanskrit). Dans l'indouhisme, on considère que le son est la première manifestation divine, puis vient le point (qui se trouve au centre du Yantra) puis le déploiement des lignes et des formes qui partent du point d’origine. Les Yantras sont une représentation  à la fois de l'univers intérieur et du cosmos dans ce qu’il a de plus vaste, au niveau micro et macro. Le point central représente l'esprit, le cercle représente le mental et les lignes extérieurs: le corps ou la matière.

Ces deux supports de méditation et outils de concentration ont la même utilité. On pourrait dire que de par sa forme circulaire le mandala reste plus ouvert sur le monde immatériel alors que le Yantra incarne vraiment les limites, le contenant de l’immatériel, avec une forme carrée qui délimite les frontières et contient l’immatériel dans le matériel. 

Les Mandalas représentent les cycles de la vie, la roue qui tourne, l’inconstance et le mouvement qui définissent les règles cosmiques auxquelles nous sommes tous soumis, puisque faisant partie du Tout. On trouve dans le Mandala davantage que dans le Yantra cette idée ou cette énergie du lâcher-prise, d’acceptation des règles divines : « j’accepte que je suis à la fois un univers à part entière et un élément qui fait partie d’un tout qui me dépasse ». Cette définition du Mandala n’engage que ma vision personnelle, d’après ce que j’ai pu en apprendre et ma propre perception.

Le Yantra quant à lui représente les trois niveaux de l’existence humaine : l’esprit (ou corps émotionnel), le mental et le corps physique. On retrouve ces trois niveaux dans toute forme de vie manifestée dans l’univers. Donc le Yantra exprime davantage que le mandala cette notion de lien et d’unité entre ces trois plans : un esprit et un mental indissociable de l’incarnation.

Chacun porteur de sa propre symbolique, Mandala et Yantra ont un but commun : mener l’être humain vers une plus grande connaissance de soi, développer l’unidirectionnalité de la pensée à des fins de méditation, apaiser le mental, laisser son esprit (son intériorité ou son inconscient) s’exprimer librement à travers les formes et les couleurs, établir un lien avec le divin (à la fois en soi et le divin présent en toute chose).

Pour ce qui est des Yantras, ils sont tous associés à une divinité ou une énergie particulière mais leur interprétation et le ou les messages qu’ils portent dépendent de l’expérience de chaque personne. Chacun dans son voyage en coloriant, en peignant ou en créant un Yantra en volume va explorer son monde intérieur et vivre des sensations, des émotions, se laisser traverser par des pensées qui lui sont propre.

Yantra comme Mandala sont également des photographies de l’âme ou d’un état d’âme à un moment donné.

Dans le cas d’un Yantra, si le coloriage ou la peinture s’effectue du centre vers les extrémités, on exprime quelque chose d’intérieur que l’on envoie, que l’on exprime dans le monde. Dans le cas contraire, on exprime l’intégration d’un apprentissage, un élément du monde que l’on incorpore.

L’utilisation des Mandalas en Occident.

Carl Jung a été le premier à constater l’aspect thérapeutique du Mandala et à l’intégrer en psychologie. Il a fait le lien entre le point central et la psyché de l’être. Dans la psychologie analytique (fondée par Carl Jung), la psyché correspond à l’activité intérieure d’un être, également définie comme étant « l’âme » (psyché=activité intérieur=âme). Carl Jung a donc intégré l’outil « Mandala » dans sa pratique comme moyen thérapeutique pour rééquilibrer l’activité interne de la personne, lui procurer une paix intérieur et plus de cohérence.

Aujourd’hui, les Mandalas sont beaucoup utilisés pour se centrer lorsque l’on s’éparpille, pour apaiser l’activité mentale et réguler les comportements agressifs autant chez les adultes que chez les enfants. Colorier un Mandala (ou un Yantra) permet faire une pause pour se plonger dans un silence propice à l’introspection, et permet d’harmoniser les deux hémisphères du cerveau, ce qui conduit dans un premier temps à un sentiment d’unité et à un mieux-être général.

Nombre de professeurs des écoles utilisent les Mandalas (et même parfois les mantras) en classe pour apaiser leurs élèves, améliorer des problèmes de comportement, développer les capacités de concentration et retrouver le calme. Et ça marche !

 

Jung

La Géométrie Sacrée

La Géométrie Sacrée utilise des proportions et des figures présentes dans la nature. C’est une science (et un art) très complexe qui conserve l’harmonie de la nature dans la disposition et les proportions des formes géométriques utilisées. Les premières traces d’utilisation de la Géométrie Sacrée par les Hommes remonteraient à plus de cinq mille ans avant notre ère (relevés archéologiques sur les menhirs d'Yverdon en Suisse).

Geometrie sacreePendant longtemps, les secrets de la Géométrie Sacrée ont été transmis de maître à élève, dans des cercles d’érudits, et cette connaissance était inaccessible aux non-initiés. Aujourd’hui encore, la Géométrie Sacrée reste une science qui me semble complexe et difficilement accessible si on veut la comprendre et l’appliquer rigoureusement.

Geométrie sacrée formes

Cela dit, même sans y avoir été initié on peut observer, apprécier et se sentir touché par des œuvres (des peintures, des sculptures, des monuments (surtout des temples ou des églises) ou même des œuvres littéraires) qui respectent cette géométrie sacrée. En fait, même si l’on ne possède pas la sémantique nécessaire pour comprendre et intellectualiser le message qu’un initié a voulu faire passer à travers son œuvre, on est tout de même capable de sentir et percevoir l’harmonie car la structure parle directement à notre inconscient ou à notre âme.

Pas besoin d’être un érudit ou d’avoir de grandes connaissances en mathématiques, donc, pour pouvoir utiliser les Yantras ou les Mandalas construits en suivant les règles de Géométrie Sacrée. On peut tout à fait entrer en contact avec le divin par ce biais sans avoir à intellectualiser cette connexion.

Comme ces proportions, ces formes, cette harmonie est présente en chacun de nous : nous sommes tous porteurs de cette information et par là même capables d’entrer en résonance avec les formes sacrées.  

Géometrie sacrée